Stéphane Rousseau jouera aux côtés de Gérard Depardieu et fera une course en char contre Michael Schumacher dans Astérix aux Jeux olympiques.
Il y a trois mois, Stéphane Rousseau était attablé dans un restaurant parisien lorsqu'un inconnu l'a abordé pour le féliciter pour le rôle qu'il venait d'obtenir dans Astérix aux Jeux olympiques. «Je ne voyais pas de quoi il parlait, il s'en est rendu compte et est parti en disant: Peut-être que j'ai trop parlé. Mais... bon, ça m'a trotté dans la tête», raconte l'humoriste, rejoint à Paris.
Pas longtemps: le lendemain, le producteur Thomas Langmann, qui coréalisera le film avec Frédéric Forestier, l'a appelé pour lui proposer l'un des rôles principaux dans la troisième adaptation inspirée de la série créée par Goscinny et Uderzo. Stéphane Rousseau a reçu le scénario deux jours plus tard. «Je l'ai regardé deux heures avant de l'ouvrir, pouffe-t-il. Puis, quand j'ai commencé à le lire, j'ai vu qui était de la distribution.»
Clovis Cornillac en Astérix. Alain Delon en Jules César. Benoît Poelvoorde en Brutus. Franck Dubosc en Assurancetourix. José Garcia, Jean-Claude Van Damme. Des apparitions de Zinedine Zidane, de David Beckham et de Michael Schumacher, «avec qui je vais faire une course de char». Et Gérard Depardieu en Obélix. Stéphane Rousseau jouera souvent avec lui au cours des 61 jours de tournage auxquels il participera. «Il sera peut-être moins impressionnant en costume d'Obélix qu'en costume trois pièces!» s'amuse l'humoriste qui se retrouve ainsi à être du film français le plus coûteux après Le Cinquième Élément de Luc Besson. On parle d'un budget de 112 millions $.Photo Robert Mailloux, archives La Presse
Bref, ce n'est pas le ciel, mais un rôle qui lui est tombé sur la tête. Celui d'Alafolix (dont le nom risque de changer en cours de route). Un personnage qui n'existe pas dans l'album. «C'est un Gaulois romantique, naïf et fonceur. Il est tombé amoureux d'une princesse dont il a vu le profil sur une pièce de monnaie. Un jour, il décide d'aller la retrouver. Sauf qu'elle a un promis, Brutus, le fils de César. Ils vont s'affronter aux Jeux olympiques et celui qui gagnera, gagnera aussi la main de la belle.» Qui, finalement, ne sera peut-être pas interprétée par Gisele Bündchen, à cause d'un conflit d'horaire.
Au bout du fil, Stéphane Rousseau semble aussi excité qu'exténué: il est arrivé à Paris hier et a passé la journée en réunion avec les réalisateurs pour discuter du personnage. Aujourd'hui, ce seront les essayages. «Je ne sais pas si je porterai la jupe ou les braies, si je serai blond, brun ou à tresses... On va discuter de tout ça.»
Car l'équipe est ouverte à la discussion. Maintenant qu'il a le rôle. En fait, c'est Thomas Langmann qui a pensé à lui. En voyant la tête de l'humoriste sur une colonne Morris. Il est ensuite allé le voir en spectacle au Bataclan. Quatre fois.
La dernière, avec Uderzo. «Quand nous nous sommes rencontrés, il m'a dit qu'il était honoré que je participe au film. Moi, je lui ai fait la bise et je lui ai dit que c'était moi qui étais honoré.» Après tout, la bande dessinée, Stéphane Rousseau - qui adore dessiner - y est tombé dedans comme Obélix dans la potion magique!
Et la magie ne s'arrête pas là: c'est à Alicante que ce grand amoureux de l'Espagne va tourner à compter du 22 juin. «C'est un miracle que j'aie pu ajouter ce tournage à mon horaire.» Un miracle qui va lui demander quelques exploits autres qu'olympiques. Il rentre à Montréal dans les prochains jours pour amorcer, le 11 avril, une tournée québécoise qui se poursuivra jusqu'à la veille de son départ pour l'Espagne. Cet été, tournage, saut à Montréal pour animer des galas Juste pour rire avec son copain Dubosc, retour en Espagne où le tournage se poursuit jusqu'en novembre. La sortie du film devrait se faire vers la fin de l'année.
Voilà qui pourrait propulser la carrière déjà bien lancée de Stéphane Rousseau. Qui prend la chose avec philosophie. C'est-à-dire une chose après l'autre. «Après Les Invasions barbares, j'ai eu plusieurs propositions de rôles qui ressemblaient à celui de Sébastien. Mais ça ne me disait rien de refaire des choses comparables. Alafolix, c'est complètement autre chose.» Et d'autres «autres choses» s'en viennent pour lui à l'écran. Mais il est encore trop tôt pour en parler...